Deux jeunes filles debout dans un champ de blé, contemplant un ciel rempli de montgolfières, en noir et blanc. Illustration du poème « Sans se soucier de l’avenir » d’Hervé Gransart.

Impétueux, nous filions tel le vent. Fougueux, nous filions en riant. Le monde nous appartenait, sans tracas, sans contrainte, sans comptes à rendre. Nous faisions juste semblant de ne pas savoir que tout s’arrêterait un jour. Dans ce poème-chanson nostalgique, Sans se soucier de l’avenir, je convoque les fantômes de la jeunesse (ces pieux chevaliers invincibles qui couraient sans regarder derrière eux). Puis la question tombe : le type dans le miroir, est-ce vraiment moi ? Un texte sur le temps qui rattrape, sur la fougue qui s’éteint, et sur ce vent qui, lui, siffle encore et se moque.

Sans se soucier de l'avenir

Qui pourra racheter nos erreurs
Nous étions inconscients
À ne jamais vouloir regarder derrière nous
À toujours penser que nous étions plus forts

C’était facile, c’était grisant
Quelle fête, quelle facilité
Jamais de tracas, jamais de contraintes
Le monde nous appartenait tout entier

C’était comme ça, on y allait sans hésitation
Ce n’était pas du courage
Ce n’était pas de la témérité
C’était notre façon de vouloir exister

Chorus : Impétueux, nous filions tel le vent
Fougueux nous filions en riant
Tempétueux nous étions inconscients
Nous étions pacifiques, juste vivre sans s’abstenir
Sans entraves, sans se soucier de l’avenir

Nous n’avions pas à réfléchir
Nous n’avions pas à rendre de comptes
Nous faisions comme bon nous semblait
Et nous étions si puissants, de preux chevaliers.

Personne ne pouvait nous interdire
Personne ne savait comment nous affranchir
Nous n’étions pas vraiment dangereux
Nous n’étions pas fous non plus, nous étions heureux

Nous voulions juste exister
Nous voulions juste vivre sans nous arrêter
Sans regarder derrière nous
Qui pouvait bien nous courir après

Chorus : Impétueux, nous filions tel le vent
Fougueux nous filions en riant
Tempétueux nous étions inconscients
Nous étions pacifiques, juste vivre sans s’abstenir
Sans entraves, sans se soucier de l’avenir

Que reste-t-il, aujourd’hui, des cœurs vaillants
Que reste-t-il, maintenant, de nos héros
Où sont tous ceux que nous voulions être
Sont-ils enfouis à jamais au plus profond de nos êtres

Avons-nous cru que cela pourrait toujours durer ?
Avons-nous cru que nous serions invincibles ?
Savions-nous que tout s’arrêterait un jour ?
Nous le savions, nous faisions juste semblant

Où êtes-vous aujourd’hui ? Où êtes-vous tous ?
Où suis-je moi aujourd’hui ?
Le type dans le miroir est-ce vraiment moi ?
Je n’arrive pas à y croire

Chorus : Impétueux, nous filions tel le vent
Fougueux nous filions en riant
Tempétueux nous étions inconscients
Nous étions inoffensifs, juste vivre sans s’abstenir
Sans entraves, sans se soucier de l’avenir

Maintenant file le vent
Qui, seul, siffle encore
Écoute, c’est son rire que l’on entend
Il se moque, lui, le plus souvent

Nous ? Nous s’en est fini de courir

Ils nous ont tous rattrapés
Ils nous ont tous dépassés
Ils nous ont tous rattrapés
Ils nous ont dépassés
Ils nous ont dépassés…

Le type dans le miroir, le reconnaissez-vous encore ?

En tant qu’écrivain contemporain français et souffleur d’histoires à hauteur humaine, je questionne le temps qui nous rattrape avec la même lucidité dans mes livres. J’écris pour ceux qui filaient, tel le vent et que le vent a dépassés : jeunesse envolée, invincibilité perdue, miroirs cruels, etc.

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