Dès sa plus tendre enfance, elle crut aux contes de fées (les princesses, sortilèges bienfaisants, Princes charmants). Mais les Princes étaient des charlatans. Les châteaux n’existaient qu’en Espagne. Les trompettes ont sonné trop tard. Dans ce poème-chanson à refrain obsédant, Conte de faits, je détourne le conte de fées en conte de faits, creux, brutaux, d’une femme trop tendre pour un monde trop dur. Qui l’a prévenue ? Personne. Qui a vu le diable lui voler ses espoirs ? Moi. Mais je me suis enfui. Un texte lancinant sur l’innocence brisée, la culpabilité collective et ces Cendrillon dont le royaume s’est évanoui.
Conte de faits
Dès sa plus tendre enfance, elle cru aux contes de fées
Cette belle petite par toute sa famille adulée
Ses parents l’aimèrent toujours et voulaient la protéger
Ils étaient prévenants et béats, ils auraient dû se méfier
Très vite elle s’identifia aux princesses et toute cette mystique
Ado elle continua de vivre dans son monde mirifique
Parsemer de magie, de sorts et pouvoirs bienfaisants
Sans croire jamais qu’il y ait des sortilèges malfaisants
Ici les gentilles filles ne peuvent vivre et savoir
J’ai vu le diable te voler tes espoirs
Je n’ai pas su prévenir, je me suis enfui
Cendrillon et son royaume se sont évanouis
Ici les gentilles filles ne peuvent vivre et savoir
J’ai vu le diable te voler tes espoirs
Je n’ai pas su prévenir, je me suis enfui
Cendrillon et son royaume se sont évanouis
Elle tombait amoureuse, elle croyait ce qu’ils lui soufflaient
Aucune leçon ne lui servirait, l’amour la guidait
Premières amourettes, les élancements puis les ébats
Elle n’avait hélas pas peur de ce qu’elle ne connaissait pas
J’étais trop loin pour voir qu’elle n’aurait que le pire
J’étais trop loin pour comprendre qu’il fallait l’avertir
Cette belle jeune femme voyait toujours des Princes Charmants
Alors qu’il n’y avait parmi eux que des charlatans
Ici les gentilles filles ne peuvent vivre et savoir
J’ai vu le diable te voler tes espoirs
Je n’ai pas su prévenir, je me suis enfui
Cendrillon et son royaume se sont évanouis
Ici les gentilles filles ne peuvent vivre et savoir
J’ai vu le diable te voler tes espoirs
Je n’ai pas su prévenir, je me suis enfui
Cendrillon et son royaume se sont évanouis
Les clairs de lune et les sérénades ont été annoncés
La vie de princesse n’a pas duré, bien vite effacée
Les châteaux n’existent vraiment qu’en Espagne
Personne ne l’avait prévenu que ce serait le bagne
Elle a beaucoup pleuré sur son sort, tellement déçue
Elle voyait le mensonge de ses amours éperdus
Son cœur trop tendre pour lutter, pour se dresser
Croire en son monde merveilleux pour résister
J’ai entendu les trompettes sonner l’alerte
Personne n’a voulu les écouter
Quand pourtant elle était en danger
Ce fut trop tard pour éviter sa perte
Ici les gentilles filles ne peuvent vivre et savoir
J’ai vu le diable te voler tes espoirs
Je n’ai pas su prévenir, je me suis enfui
Cendrillon et son royaume se sont évanouis
Ici les gentilles filles ne peuvent vivre et savoir
J’ai vu le diable te voler tes espoirs
Je n’ai pas su prévenir, je me suis enfui
Cendrillon et son royaume se sont évanouis
Ici les gentilles filles ne peuvent vivre et savoir
J’ai vu le diable te voler tes espoirs
Ici les gentilles filles ne peuvent vivre et savoir
J’ai vu le diable te voler tes espoirs
Ici les gentilles filles ne peuvent vivre et savoir
J’ai vu le diable te voler tes espoirs
...
Avez-vous vu les trompettes sonner l’alerte ? Les avez-vous écoutées ?
En tant que souffleur d’histoires et auteur contemporain français, je déconstruis nos mythes pour mieux raconter le réel dans mes romans et mes recueils de nouvelles contemporaines. J’écris pour que Cendrillon cesse de disparaître en silence, notamment en ce qui concerne les contes défaits, les innocences perdues, les silences coupables.
D’autres textes sont disponibles dans la rubrique Carnet de pensées.
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