Mains ouvertes laissant filer du sable ou de l’eau entre les doigts, en noir et blanc. Illustration du poème « Sans strass » d’Hervé Gransart.

À l’étage, deux êtres s’enlacent. La fougue, les enfants, les joies qui s’entassent. Puis, le temps assassin qui concasse tout. Les tracas qui crevèrent. La routine qui lasse. Jusqu’où jour où l’âme se casse. Dans ce poème en artifice, Sans strass, je condense toute une vie en quelques strophes : de la passion des débuts à l’usure finale, sans rien enjoliver. Pendant ce temps, dans la rue, les bruits de la vie qui passe. Un texte épuré et percutant sur l’existence ordinaire, celle qui ne fait pas de bruit, sauf quand elle se brise.

Sans strass

Dans la rue, les bruits de la vie qui passe

A l’étage, ces deux-là s’enlacent
Leur vie a pris une nouvelle place
C’est la fougue qui s’embrasse
C’est l’amour qui jamais ne se lasse

L’avenir qui t’appartient, tu laisseras une trace
Bien vite les enfants vont prendre l’espace
Les joies et les bonheurs s’entassent
Mais le temps assassin t’avale et te concasse

Les tracas et l’ennui te crevassent
Combien de fois tu t’es vu dans l’impasse
Tu ne lâches rien, tu espères et fais face
Tu t’accommodes et restes sous ta carapace

Il faudra souvent combattre sous la menace
Toujours s’accrocher à des espoirs fugaces
De la routine aux gestes répétés, l’esprit se lasse
Un jour sans crier gare, l’âme se casse

Dans la rue, les bruits de la vie qui passe

Entendez-vous, sous les bruits de la rue, le craquement discret d’une âme qui se fissure ?

Je raconte la beauté et la brutalité des vies ordinaires dans mes recueils de nouvelles contemporaines, mes romans et mes pièces de théâtre. En tant que souffleur d’histoires à hauteur humaine et auteur contemporain français, j’écris sans strass, au plus près de ce que nous sommes : amours qui s’usent, routines qui brisent, dignités qui tiennent.

D’autres textes sont disponibles dans la rubrique Carnet de pensées.

Découvrez également mes livres :

Ceux-ci sont disponibles à l’achat sur :