Je voulais exister toujours. Travailler, progresser, ne jamais renoncer. Mais ils l’ont humilié, mis à l’écart, cantonné aux besognes ingrates. Il n’avait pas les diplômes fameux. Il en savait pourtant plus qu’aux. Dans ce poème social, Exister, je donne la voix à un homme broyé par le monde du travail, qui avait la foi pour mille face à ceux qui n’avaient aucune ferveur. De la résistance acharnée à la chute finale — haine, fuite, abandon dans le raisin — voici un texte sur l’exclusion professionnelle, le mépris de classe et la destruction silencieuse de ceux que le système n’aime pas.
Exister
Je voulais exister toujours
Travailler encore et sans remords
Jamais renoncer par amour
Évoluer, grâce à mes efforts
Ils m’ont humilié souvent
Mis à l’écart tout le temps
Fait remplir les besognes ingrates
Celles dont ils ne voulaient s’acquitter
Il a fallu toujours me surpasser
Jamais lâcher pour ne pas sombrer
Ils n’avaient aucune ferveur
J’avais la foi pour mille
Je voulais exister toujours
Travailler encore et sans remords
Jamais renoncer par amour
Évoluer, grâce à mes efforts
Je pensais pouvoir progresser
J’ai vraiment cru qu’ils allaient m’élever
Mais ce n’était pas leur intention
Cadre à peine supérieur, sans prétention
Je n’avais pas leurs diplômes fameux
J’en savais pourtant autant qu’eux
J’étais volontaire et courageux
Mais ils préféraient rester entre eux
Je voulais exister toujours
Travailler encore et sans remords
Jamais renoncer par amour
Évoluer, grâce à mes efforts
Alors, j’ai fini par céder
J’ai définitivement cessé de lutter
S’en était trop, ils ont eu raison de mon travail
Leur système n’aime que le bétail
J’ai décidé de tout oublié
J’ai vendu mes principes
Balancé ma famille et ma vie
J’ai préféré la haine et la vengeance
J’ai choisi la fuite et la folie
M’abandonner dans le raisin.
Je voulais exister toujours
Travailler encore et sans remords
Jamais renoncer par amour
Évoluer, grâce à mes efforts
Je voulais exister toujours
Travailler encore et sans remords
Jamais renoncer par amour
Évoluer, grâce à mes efforts
Avez-vous déjà eu le sentiment de devoir prouver deux fois plus pour exister aux yeux des autres ?
En tant que souffleur d’histoires à hauteur humaine, je mets des mots sur les combats silencieux dans mon recueil de nouvelles de nouvelles Petites Miscellanées et autres pensées. J’écris pour ceux qui ont cessé de lutter et pour ceux qui luttent encore face au monde du travail, l’injustice, la dignité piétinée.
D’autres textes sont disponibles dans la rubrique Carnet de pensée (3e opus).
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